lundi 19 mai 2008

Yèvre-le-Châtel, plus beau village de France

Depuis le 30 novembre 2002, Yèvre-le-Châtel fait partie du club très fermé des plus beaux villages de France. Unique dans le Loiret, ce lieu riche d'histoire ravira tous les amoureux des belles pierres, des ruelles fleuries et des lieux chaleureux.

Une trentaine de critères. "Alors ces panneaux, quand vont-ils être installés ?", s'impatiente Corinne Lodziak dans son salon de thé. Car rien encore ne signale que Yèvre-le-Châtel est officiellement, depuis le 30 novembre 2002, l'un des 144 plus beaux villages de France. L'expert était venu trois mois plus tôt. "Il tombait des cordes ce jour-là", se souvient Alain Di Stefano, maire délégué. Mais comme toujours, le charme authentique de ce petit village du Gâtinais, ancienne étape royale sur le chemin qui menait de Paris à Orléans, a opéré. "Ce titre est pour nous une consécration, avoue Alain Di Stefano. Nous sommes d'autant plus fiers que ce classement est très exigeant : une trentaine de critères fondent la décision."

Avec ses trois édifices classés ou inscrits aux Monuments Historiques, Yèvre-le-Châtel avait quand même de sérieuses chances. Au-delà de la forêt d'Orléans, dépassé les champs de Beauce, c'est d'abord l'église Saint-Lubin qui se dresse sur le chemin du visiteur. Elle intrigue avec ses murs sans toit, comme inachevée plutôt qu'endommagée. À quelques pas de là trône la Croix Hosannière, reconstruite pierre par pierre lors de sa restauration, dans la foulée de celle de l'église. Mais déjà l'imposante forteresse, du haut de son éperon rocheux, attire irrésistiblement le regard. Direction donc la châtellenie, maîtresse des lieux.

Rien n'est fait au hasard, à Yèvre. C'est avec Mme Renson qu'il faut la visiter. Cette ancienne directrice d'école, trésorière de l'association des Compagnons de la Châtellenie qui gère et entretient le site, en connaît toute l'histoire et les moindres recoins. C'est avec une passion sans cesse renouvelée qu'elle évoque in situ les détails architecturaux de la forteresse comme les techniques des soldats pour se défendre contre l'ennemi. "Rien n'est fait au hasard, à Yèvre, c'est ça qui est extraordinaire", répète-t-elle.

Le visiteur n'a qu'à se laisser guider. Monter dans les tours du château, observer depuis leur sommet la vue qui s'étend jusqu'à 15 kilomètres, s'engouffrer dans les étroits escaliers en colimaçon, emprunter le chemin de ronde, traverser la basse cour, s'arrêter devant l'église Saint-Gault, mi-gothique, mi-romane, admirer la façade en bois sculpté de la maison du prévôt, qui servit de tribunal jusqu'à la Révolution, se diriger vers la Rimarde, la rivière en contrebas, franchir la poterne, remonter en longeant les remparts jusqu'au châtelet d'entrée... Le circuit vaut le détour.

Un salon de thé-galerie. D'autant que d'importants travaux de restauration, subventionnés par le Conseil général, ont été effectués. "Tour après tour, muraille après muraille", précise Alain Di Stefano. Le chantier de la forteresse, par exemple, a duré quatre ans. "Le château était envahi par la végétation, les pierres étaient très abîmées, certaines tombaient, rappelle le maire délégué. Elles ont été remplacées par les mêmes pierres, en calcaire de Beauce." Celles-là mêmes qui façonnent les maisons, les murs, les bancs... en somme, l'identité de Yèvre-le-Châtel.

La visite passe aussi par la placette fleurie et ombragée du centre bourg. On apprécie alors de faire une pause bien méritée à Art et Thé, le "salon de thé-galerie" de Corinne, comme elle le définit. Il faut y déguster son fameux chocolat chaud, qui fait la réputation de la maison. "Si vous le goûtez, prévient-elle, vous en redemanderez !" Impossible non plus de ne pas céder aux pâtisseries ou aux glaces artisanales, à base de produits locaux comme le miel du Gâtinais.

Réveiller le passé artistique. Ouvert l'an dernier dans "une vieille grange en ruines" remise en état en " seulement trois semaines", Art et Thé est le seul commerce du village. Et tous s'accordent à reconnaître que "c'est un plus incontestable pour Yèvre". On y vient seul ou en famille, du coin ou de plus loin. On peut aisément s'y attarder : le salon de thé fait aussi galerie d'art. Les époux Lodziak, via leur association Centre Art, s'attachent en effet à "faire connaître le vivier d'artistes professionnels locaux ". Une façon, selon Corinne, de " réveiller le passé artistique de Yèvre, qui a abrité des noms mondialement connus, comme les peintres Viera Da Silva et Eduardo Luis ou encore les sculpteurs Felix Benneteau-Gresbois et Beni Schweitzer." Un pari déjà gagné puisque leur première exposition, en mai 2002, a attiré 13 000 visiteurs en 10 jours !

Cette année encore, les expositions de Centre Art alterneront avec les manifestations organisées par les Compagnons de la Châtellenie. Dont la traditionnelle Fête médiévale du 1er dimanche de septembre, qui recrée la vie du Moyen-Âge par des spectacles, des costumes, des spécialités culinaires... Avec au moins une animation par mois de mai à octobre, le calme de Yèvre, devenu référence culturelle, pourrait n'être qu'apparent. Il y règne pourtant "une atmosphère paisible, confie Corinne. On a toujours l'impression d'être en vacances, même quand on travaille. J'ai beaucoup voyagé en France, mais je n'ai trouvé cela nulle part ailleurs."

40 000 promeneurs par an. Unique donc, ce petit village où tout le monde se connaît, à commencer par les enfants. "Ils vont tous à la même école, explique Patricia, une habitante. La maternelle est à Givraines et la primaire, à Yèvre-la-Ville." Trois communes voisines, dont Yèvre-le-Châtel, ont en effet regroupé leurs effectifs scolaires pour maintenir ouvertes ces deux écoles. "Ils ne sont pas nombreux, ajoute Patricia. Ils se retrouvent ensuite au village pour jouer ensemble. C'est super pour eux, et pour nous." Ainsi donc, la vie à Yèvre s'écoule au rythme du ramassage scolaire, des tournées des commerçants, des visites de la forteresse et du va-et-vient des habitants.

Ces derniers sont "très sensibles à la mise en valeur de leur village, souligne Alain Di Stefano. Ils s'impliquent eux-mêmes en entretenant leurs maisons, en fleurissant leurs jardins et même les rues." Ce qui vaut d'ailleurs à Yèvre le titre de Village fleuri depuis plusieurs années. Certains adhèrent même, souvent en famille, à l'association des Compagnons de la Châtellenie. Comme Patricia, qui a sa "carte". Les 221 membres, comme les 237 habitants de la commune, les 10 400 visiteurs par an de la forteresse et les quelque 40 000 promeneurs annuels n'ont pas attendu le classement de Yèvre-le-Châtel pour savoir qu'il est, à l'évidence, l'un des plus beaux villages de France.

Les rendez-vous de Yèvre-le-Châtel:

Du 7 au 9 juin : Exposition de mosaïques
Du 26 juillet au 3 août : Exposition de peinturesLe 3 août : Concours de peinture pour amateurs
Le 17 août : Concert
Le 7 septembre : Fête médiévale
Les 4 et 5 octobre : Exposition sur l'histoire de l'aviation
Les 18 et 19 octobre : Lire en fête... et la forteresse : visite tous les jours du 1er avril au 31 octobre, de 14h à 18h.

Renseignements : 02 38 34 25 91

Les plus beaux villages de France:
L'appellation "Plus beau village de France" est une marque déposée par l'association du même nom. C'est cette dernière qui, après expertise, décerne ou non le titre au village candidat. Celui-ci doit impérativement compter moins de 2 000 habitants et au moins deux sites protégés au sens des Monuments Historiques. Il doit, en outre, mettre en oeuvre une politique de mise en valeur et d'animation de son patrimoine. L'attribution de la marque, officialisée par la signature d'une charte de qualité, suppose la poursuite des efforts. Ainsi Yèvre-le-Châtel envisage-t-il d'enfouir son château d'eau et de créer un parking de proximité d'une cinquantaine de places. Afin de conserver ce statut unique dans le Loiret, qu'il partage avec sept autres villages en région Centre.

Sur la toile : Liste des villages sur www.gordes-village.com/villages.html.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

il n'y a plus le salon-galerie depuis un certain nombre de mois!! Par contre,il y a un très bon restaurant "la rolancienne", qui n'est pas cité! On y mange de la très bonne cuisine: bon accueil, joli décor campagnard et cuisine préparée par un chef bien sympathique! A noter impérativemement dans les bonnes adresses gourmandes!

boureille a dit…

oui aller au restaurant c'est super eliane